Développement durable : s'engager mais être imparfait

“Je ne suis pas parfaite écologiquement”

Je ne suis pas parfaite écologiquement.

Voilà, c’est dit. Je parle de tourisme durable, je partage des solutions, des idées, mais je ne suis pas parfaite écologiquement.

Cela fait désormais plus d’une année que j’ai pris la décision de réduire mon empreinte carbone de manière plus significative, mais je suis encore loin d’être au niveau que je souhaite. Mais au vu de mes anciennes habitudes, c’est toujours mieux aujourd’hui !

Sorry, but...

J’adorais les pâtes carbonaras (mon plat préféré), la raclette, la tartiflette, j’aimais m’acheter de nouveaux vêtements (trop) régulièrement, j’adorais voyager et j’aimais traîner sur les réseaux sociaux et regarder des séries sur diverses plateformes de streaming (Netflix, Amazon, Disney). Aujourd’hui c’est toujours le cas, mais j’ai dû m’adapter et modifier certaines de mes habitudes. Et même si cela n’est pas parfait, j’essaie de changer les choses à mon échelle et à mon rythme. Voici quelques exemples :

Fast-fashion : j’ai pour objectif 0 achat dans une marque de prêt-à-porter type fast-fashion pour les prochaines années. Aujourd’hui je n’achète qu’occasionnellement en magasin et seulement si je n’ai pas trouvé l’article souhaité sur des sites de secondes mains. 

Nourriture : je voulais arrêter totalement la viande, mais force est de constater que j’aime ce type de produit, cela prend donc plus de temps que prévu. Donc je préfère ne plus en acheter, mais m’autoriser des exceptions. Comme au restaurant si aucun plat végétarien ne me plaît, quand je suis invitée chez des amis/famille et que je n’ai pas envie de déranger ou pour certaines fêtes. Mais aussi éviter les produits sur-emballer (mon cœur saigne à l’idée de lâcher les apéricubes).

Produit de beauté : j’ai dû abandonner mes produits favoris (mais bourrés de produits chimiques) pour des solutions plus durables. J’ai donc changé mes savons pour des alternatives bio et solides. J’ai remplacé mes crèmes par des huiles végétales et des huiles essentielles. Pour les cotons et cotons-tiges, je suis passées à des solutions réutilisables. C’est sûrement la catégorie, où j’ai le mieux réussi ma transition. Pour connaître les produits que j’utilise, rdv sur cet article.

Voyage : j’essaie de favoriser des prestataires plus responsables pour mes activités, et j’essaie de sélectionner des établissements durables au maximum pour mes logements. Mais c’est au niveau du transport que je souhaite le plus faire attention. Par exemple, je prends déjà uniquement le train pour voyager en Europe (Espagne, Écosse). Mais je veux pouvoir éviter au maximum l’avion sur les grandes distances (hors Europe). 

Data : je souhaite un peu réduire ma consommation d’utilisation de données (réseaux sociaux, plateformes de streaming), mais pour le moment je n’en fais pas une priorité. 

Les changements ne se font pas tous à la même vitesse sur chaque thématique, mais je m’efforce à m’améliorer chaque jour.

Pour prendre la parole sur un sujet, faut-il est PARFAIT ?

Si on écoutait la brigade de la bien-pensance sur les réseaux sociaux, on penserait plutôt que oui. Vous voyez bien, cette milice qui ne manque pas une occasion de rappeler à l’ordre les militants et autres activistes à la moindre erreur ? Donc faut-il être parfait pour militer sur un sujet ?
Pour ma part, je ne pense pas, car autrement on n’entendrait pas beaucoup parler d’écologie. La preuve la plus simple, ceux qui se permettent de critiquer utilisent les réseaux sociaux qui génèrent des données numériques qui doivent être stockées dans des data centers extrêmement énergivores.

En revanche, les critiques positives et constructives doivent être encouragées dans la bienveillance pour permettre le débat et l’échange d’idées. L’idéal serait de mener à une entraide pour adopter de nouvelles alternatives plus écologiques. 

Dans son article sur « Faut-il être parfait pour être engagée ? » le blog Antigone 21 rappelle que notre idéal correspond peu à la réalité et tend plus vers l’utopie. Il est donc compliqué d’atteindre notre propre idéal alors pourquoi critiquer les efforts des autres ?

Mais dans ce cas que faire ?

Relativiser notre quotidien

Personne n’est parfait

Aujourd’hui, nous avons conscience du dérèglement climatique, que nous avons une responsabilité envers l’environnement. Il n’est plus possible de fermer les yeux et de se dire que cela passera tout seul. En plus, nous voyons dès aujourd’hui le début des conséquences climatiques (incendies plus violents, inondations plus fréquentes, cyclones plus forts).

Tout d’abord, il faut avoir conscience de son impact et accepter sa part de responsabilité dans ses choix de vie, et pour cela, WWF Suisse a créé un simulateur rapide qui vous indique combien de planètes, il faudrait si la Terre entière consommait comme vous. Et honnêtement, cela peut faire peur.

On a tous une petite part d’incohérence dans nos actions. Car bon nombre de nos choix ont été façonnés par la manière dont nous avons été élevés, notre éducation scolaire/études, notre pouvoir d’achat, nos habitudes, notre entourage, etc. Il est donc compliqué d’être parfait écologiquement (d’ailleurs qu’est-ce que cela veut dire ?) à moins de vivre reclus dans une cabane dans les bois avec son potager. Quoiqu’il en soit, nos choix de vie doivent globalement être cohérents et tendre vers les idées que l’on prêche. 

Nous connaissons tous dans notre entourage celui qui prêche la bonne parole, permet de nous juger sur tout et à s’insurger contre n’importe quoi = celui qui nous fait culpabiliser. Cette culpabilité ne sert à rien, car nous avons tous notre part de responsabilité, et du moment qu’on fait du mieux que l’on peut, on n’a pas à se sentir coupable.

On n’est pas responsable des actions commises par les autres, mais des siennes. 
Il faut donc savoir se responsabiliser, mais ne pas culpabiliser car

« malgré nous, nous n’agissons pas toujours dans le respect de nos idéaux »

Comprendre notre poids face aux entreprises

Bien que nos choix au quotidien aient une influence sur les émissions de carbone rejetées dans l’air, il faut garder à l’esprit que ce n’est pas le citoyen qui pollue le plus, mais bien les entreprises ! The Guardian avait révélé en 2019 que 33% des émissions de CO2 rejetées depuis 1965 avaient été produites par seulement 20 entreprises ! Propos que Sciences et Avenir avait tenu, dès 2017, en reprenant le rapport de l’ONG internationale Carbon Disclosure Project. Ce dernier allait plus loin en montrant que 70% des émissions de gaz à effet de serre avaient été produites par seulement 100 entreprises !

En bref, nous aurons beau manger végan/bio/local, se déplacer à vélo, être 0 déchet cela n’aura pas un impact lourd si les entreprises ne suivent pas derrière.

Donc notre pouvoir d’action avec la consommation n’est pas grand. Attention, ce n’est pas parce que notre impact ne sera pas immense qu’il n’est pas important. Nos choix de consommation influencent les prévisions des entreprises et leur rentabilité. Donc à terme, le fait de consommer plus de produits bio et éthiques poussera les entreprises à développer/changer leurs chaines de valeurs (conception, production, transport, distribution). Mais pour les besoins immédiats de la planète, la démarche est bien trop longue.

Dans ce cas, que faire ?

Voter lors des élections

Cela fait des dizaines d’années que les scientifiques tirent la sirène d’alarme, mais les entreprises ne bougent pas ou peu. Il faut donc se tourner là où le pouvoir est : vers les institutions et gouvernements. Qui eux peuvent permettre d’instaurer des interdictions et des obligations pour restreindre l’empreinte carbone des entreprises.

Que cela soit pour les élections municipales, départementales, régionales, nationales ou européennes, il est important de se déplacer et d’exprimer son opinion aux urnes. Par exemple, aux départementales et régionales 2021, c’est l’absentéisme qui a brillé avec 65,7% selon Ipsos/Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France. Voter est un droit fondamental, durement acquis, que l’on doit considérer comme un devoir. Il faut soutenir au scrutin des personnes qui proposent des actions concrètes pour réduire l’empreinte carbone et qui proposent des mesures cohérentes face aux problèmes auxquels nous faisons face (et surtout des personnes en qui vous croyez).

Signer des pétitions

C’est bête et méchant, mais leur pouvoir est grand. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas juste une solution de « l’activisme paresseux » comme le souligne Jean-Gabriel CONTAMIN. En effet, signer une pétition engage une personne en laissant une trace (son identité, coordonnées et adresse) de son engagement de manière durable. Par ailleurs, le professeur de science politique rappelle que « Sous-estimer l’engagement d’une pétition, c’est oublier que, dans certains pays, le signataire peut finir en prison ».

Et même si on sait rarement quand la pétition est prise en compte par les dirigeants, au-delà de la simple portée symbolique, la pétition peut devenir un véritable outil de pression. Grâce à un clic, il est possible d’avoir du poids. Sarah DURIEUX explique cela en rappelant qu’une pétition peut regrouper des milliers, voire centaines de milliers de personnes qui s’expriment autour d’une opinion. Par ailleurs, des communautés militantes peuvent se créer et parvenir ensuite à exercer des points de pression sur les dirigeants.

Pas encore convaincu par l’utilité des pétitions ?

L’exemple le plus récent est sans nul doute celle de « L’affaire du siècle » regroupant plus de 2 millions de personnes et devenant ainsi la pétition la plus populaire de l’histoire en France. Celle-ci est portée par 4 organismes (la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France, Oxfam France, Notre Affaire à Tous) qui assignent l’État français en justice pour inaction face aux changements climatiques. Et cela a fonctionné ! En février 2021, la justice a reconnu l’État français responsable de son inaction climatique comme étant illégale et fautive. En juillet 2021, c’est le Conseil d’État qui a ordonné à l’État de prendre « toutes mesures utiles » dans les 9 prochains mois pour remettre le pays dans le droit chemin.

Changer ses habitudes de manière durable

Encore une fois, nous sommes responsables de nos choix, il est donc important de modifier ses habitudes génératrices de carbone. Que cela soit directement comme le choix du mode de transport utilisé (voiture, train, avion, bus, vélo) ou indirectement comme notre alimentation ou nos vêtements.

Tout comme Rome ne s’est pas construit en un jour, changer des habitudes bien ancrées prend du temps. Il faut donc y aller par étapes, prendre un peu plus de temps, mais faire en sorte que ça soit durable.

Cela peut passer par utiliser des produits solides (éviter le plastique), réduire sa consommation en viande et en poisson (ne pas détruire la biodiversité et la déforestation), soutenir des associations environnementales, etc. Mais si vous voulez d’autres solutions pour concilier ses habitudes et l’écologie, rendez-vous sur l’article « Concilier désir et écologie ».

S’informer

S’éduquer est nécessaire pour comprendre pourquoi il est important de faire attention à son empreinte carbone. Il faut éviter de rester sur ses connaissances de bases, qui peuvent devenir obsolètes dans certains domaines ou qui peuvent apporter de nouveaux scandales sur des industries spécifiques.

De votre côté, vous pouvez vous informer grâce à Internet (mais attention à vos sources et au risque d’auto-validation), avec des documentaires (bientôt, je vous mettrai une liste), via des recherches scientifiques (si vous êtes vraiment motivés), ou participer à des conférences (si votre détermination est vraiment là).

Vous pouvez aussi en discuter avec votre entourage qui pourrait avoir une vision différente sur certains aspects ou vous apporter des conseils supplémentaires.

L’essentiel, c’est d’essayer de faire son maximum à son échelle, personne ne vous demande d’être Greta THUNBERG, mais il faut essayer de faire de son mieux. Si une solution ne vous convient pas, alors essayez-en d’autres, il en existe forcément une adaptée à vos besoins. Il n’y a pas d’âge pour essayer de changer ses habitudes, 16, 23, 47, 59, 76 ou 85 ans ! Il n’est jamais trop tard pour faire de son mieux.

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